Une remarque en passant sur la question de la « vérité »

Publié le par Gerard Noiriel

Comme je n’ai guère eu le temps cette semaine de penser à mon blog, je me contenterai ce soir d’une courte réflexion, extraite de mon journal de recherches. Elle concerne un petit ouvrage de philosophie intitulé «  A quoi bon la vérité ? »[1]. Amateur (au deux sens du terme) de philosophie, j’ai toujours apprécié ce genre d’ouvrages construits sur une controverse entre deux penseurs rigoureux respectant le point de vue de leur interlocuteur.  Même si les aspects techniques des argumentations m’échappent, les appropriations « sauvages » que j’en fait me sont souvent utiles pour mes propres recherches. Dans le cas présent, la discussion opposait Pascal Engel, l’un des plus éminents représentants de la philosophie analytique en France, et Richard Rorty, figure emblématique du « néo-pragmatisme » américain. Pascal Engel commence par présenter la philosophie de Rorty pour expliciter ensuite ses points de divergences, mais dans sa réponse Rorty récuse cette présentation en reprochant à Engel d’avoir occulté ce qui est pour lui l’essentiel, à savoir le problème de l’utilité pratique de la philosophie. J’en ai conclu que, bien que je ne sois pas un philosophe professionnel, j’avais finalement mieux « compris » Rorty que Pascal Engel. Sans doute parce que j’ai toujours été très préoccupé moi aussi par la question de l’utilité du savoir, ce qui n'est pas très fréquent chez les universitaires. 



[1] Pascal Engel, Richard Rorty, A quoi bon la vérité ?,  Grasset, 2005.

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